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RAIN MAKING/FAISEUR DE PLUIE

de FATMI Mounir

MAROC, FRANCE, 2004, 00:06:07

Production : FATMI Mounir
Genre : Art vidéo
Mots-clés : Allégorie, Politique, Religion, Société

Résumé :
Sur fond de chant et de prière, l’image d’un même minaret, émergeant parmi des toits terrasses équipées de paraboles, se répète dans un montage saccadé et rapide. Derrière lui des nuages passent en accéléré, et d’autres, peu à peu, enveloppent en surimpression le bâtiment sacré.
Les Arabes Pré-Islamiques pensaient que la pluie tombait du fait du mouvement des étoiles.
Dans le folklore des temps postérieurs le pouvoir de faire descendre la pluie était conféré à certain « wali », une ouverture dans la coupole de sa tombe symbolisait d’ailleurs ce pouvoir. Son prestige était si grand parmi le peuple que chacun souhaitait avoir dans sa généalogie un ancêtre « faiseur de pluie ».
L’Islam dispose d’une prière collective de seize minutes destinée à faire tomber la pluie.
Car pour le croyant, la pluie représente la bénédiction que Dieu, qui, en sa miséricorde suprême, l’accorde ou la refuse aux hommes. Dans la mesure où elle commande la régénérescence du règne végétal, elle est don de Dieu par excellence.
Contre toute tentation critique, on enseigne que le Hadith rapportant comment Dieu exauçât les vœux de pluie attire l’attention des hommes pieux sur le fait que quelque soit la cause directe d'un phénomène naturel comme la pluie, c'est nécessairement, et finalement, Dieu qui dispose de toutes choses.
Pourtant, en 1988, le ministère des affaires religieuses du Bengladesh fit annuler les prières de masse pour appeler la pluie, après des averses torrentielles qui tuèrent près de cent personnes.

Faiseur de pluie postule une réflexion critique sur la compréhension finaliste des phénomènes,  et sur la relation, et la résistance, du fidèle à la science, dans lesquelles s’entrelacent des considérations économiques et politiques. Croire que la pluie puisse dépendre de la volonté divine, n’est-ce pas se réfugier dans cet « asile de l’ignorance » que décrivait Spinoza ? Mais ce refuge n’est-il pas précisément celui dans lequel une théocratie entend maintenir les fidèles ? Spinoza dit encore que pour les interprètes de Dieu, « détruire l’ignorance, c’est détruire (…) leur unique moyen de sauvegarder leur autorité »*. Utiliser la météorologie moderne pour en appeler ensuite à une sollicitant la pluie, afin d’asseoir à coup sûr la légitimité d’un pouvoir, ou justifier de difficultés économiques, ressort d’une stratégie politique d’un cynisme absolu.

Marie Deparis

*Spinoza- Appendice de l’ Ethique Livre I, prop. XXXVI

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Langue originale : _sans paroles
Format d'origine : vidéo
Cadre : 4/3
Chromie : Couleur
Version(s) disponible(s) : Sans paroles

Location : 100 euros

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